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Le Figaro du 23/01/01

Le Figaro du 09/11/01

Paris Match du 29 novembre 2001

L’Humanité du 29 janvier 2002

 

LE FIGARO

 MARDI 23 JANVIER 2001

 POLICE - Malgré cinq policiers tués en moins d'un mois, les chiffres du ministère de l'Intérieur sont en diminution

 Trop de tués en service... et pourtant moins qu'avant

Par Jean-Marc LECLERC

 

Trois policiers tués depuis le 1" janvier. Cinq en un mois. A l’émotion suscitée par la mort du jeune adjoint de sécurité de Béziers, volontairement per­cuté par une camionnette samedi dernier, succède la ratio­nalité des chiffres. Or ceux-ci attestent que le nombre de dé­cès de policiers avait plutôt tendance à diminuer depuis dix ans : de 32 fonctionnaires morts en service en 1990 (dont 6 en opération), on était passé à 6 morts l'an dernier (dont un seul au cours d’une intervention).

Faut-il y voir le signe que les délinquants sont moins vio­lents ? Au ministère de l'inté­rieur, nul ne se risquerait sur ce terrain. Les policiers au­raient-ils alors acquis, au fil des années, une technicité qui les prépare mieux aux aléas Qu métier? Ou seraient-ils plu­tôt enclins à moins s'exposer, du fait d'une démotivation croissante ? Une chose est sûre : la récente accélération des  incidents  tragiques concourt au sentiment de ma­laise qui étreint la profession.

Aux Etats-Unis, des en­quêtes sont effectuées tous les ans sur ce phénomène. Les exemples les plus significatifs sont étudiés dans les acadé­mies de police et servent a la formation des jeunes recrues. En France, on serait bien en peine de trouver un rapport circonstancié sur le sujet. Un jeune gardien de la paix a pourtant essayé.

 

Dans le cadre d'un concours d'études de l'lhesi (1nstitut des hautes études de la sécurité in­térieure), Stéphane Lemercier (devenu depuis officier) s'est li­vré, sous le contrôle d'une so­ciologue, à une première ana­lyse. Notamment sur la base d'informations recueIllies au­près de l'Or­phelinat mu­tualiste de la police natio­nale, pour les dix années comprises entre le 1er jan­vier 1989 et le 31 décembre 1998. Voici son diagnostic: sur les quelque deux cents policiers tués, 98 % sont des hommes, 60 % étaient mariés, 66 % ap­partenaient au corps des gar­diens. La plupart avaient entre 30 et 39 ans. « Une po­pulation plus exposée au stress, aux problèmes fami­liaux et conjugaux » écrit Lemercier. C'est dans cette tranche d'âge que les suicides sont aussi les plus nombreux chez les policiers. Autre constat: « Avec 50 % des décès, ce sont les fonction­naires des brigades de roule­ment qui sont le plus souvent touchés. Il est vrai que les équipes concernées tournent 24 heures sur 24 et que les effectifs interviennent dans toutes les situations : vols main armée, différends rixes... » Viennent ensuite le brigades spécialisées (brigades anticriminalité, unité: mobiles de sécurité et compagnies d'intervention), ave 15 % des victimes. Les brigades motocyclistes représentent 10 % des policiers tués les CRS 8 %, le Raid 8 %, les ilôtiers 3 % et autant pour les RG.

 

 

L '11e-de-France, avec 35 tués, est la région la plus « dangereuse »,

avant la PACA et le -Nord-Pas-de-Calais

 

 

Les régions les plus « dan­gereuses » ? D'abord l'île-de-­France, avec 35 tués, puis les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais, avec respectivement 15 et 14 décès. Les jours et les heures les plus risqués ? « On peut dire que le jeudi  entre 20 heures et 22 heures, 4 la fin du mois d'octobre, les risques d’être victime d'un ac­cident ou d’être tué en opéra­tion de police sont statistique-ment maximaux pour les poli­ciers français », affirme Stéphane Lemercier.

 

A partir de l'étude d'une vingtaine de cas, il dresse le portrait-robot de l'agresseur potentiel. Les personnes mises en cause auraient, selon lui, agi à 40 % sous l'emprise de l'alcool, à 7 % par « haine du flic », à 20 % en raison de troubles psychologiques pa­tents. Quelque 13 %<seraient des évadés de prison et en­core 13 % des drogués.

Pour mieux convaincre, Sté­phane Lemercier a créé un site Internet, avec toutes les informations utiles. Elles n'en­gagent que lui, mais elles pa­raissent fiables. Elles ont, en tout cas, le mérite d'être ac­cessibles à tous.

 

Lire le deuxième article du Figaro

 

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LES RECOMPENSES

Janvier 2001

Le site VICTIME DU DEVOIR  se voyait décerner l’Award Police 2001 du meilleur site police par NETPOLICE.COM

 

Décembre 2001

Le site VICTIME DU DEVOIR  se voyait décerner l’Award Police du meilleur site du mois par ALLOPOLICE.COM

 

Merci pour ces prix que je dédie à toutes les victimes présentes dans ces pages, ainsi qu’à  leurs familles, amis et collègues.

Le Webmaster

 

 

 

LE FIGARO

 

VENDREDI 09 NOVEMBRE 2001

 

 

 

POLICE

Un métier à hauts risques insuffisamment soutenu

 

130 fonctionnaires tués entre 1989 et 1999

            A l’origine de chaque drame ayant coûté la vie à un fonctionnaires de police dans l’exercice de sa mission, la seule « haine » de la société en générale et de la police en particulier ne peut tout expliquer. « Il n’y a pas forcément une volonté de sortir pour tuer un flic. Mais le fait de s’armer pour commettre un crime ou un délit implique d’être prêt à tirer et ce, quelle que soit la cible. (…) Le policier étant le seul intervenant dans un face à face violent, il est de fait le représentant de cette société haïe. »

 Ce constat amer est dressé par le Lieutenant de Police Stéphane Lemercier, auteur d’une étude intitulée « VICTIMES DU DEVOIR – Les policiers français morts en service » et effectuée sous la direction de Frédérique Mezza-Bellet, pour le compte de l’Institut des Hautes Etudes sur la Sécurité Intérieure (IHESI).

 

            En préambule de son rapport, intégralement publié en juin et septembre dernier par le magazine de l’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale, cet officier pose une question d’une cruelle actualité : « Comment penser qu’un banal contrôle de véhicule peut être à l’origine de la mort d’un fonctionnaire de police ? »  L’analyse de la situation de quelques 130 fonctionnaires de police tués en service entre 1989 et 1999 démontre que, si 45 % des victimes ont perdu la vie lors d’un accident mortel de la circulation, les fusillades sont à l’origine de plus du quart des décès (27 %) des policiers tués en opération. Viennent seulement ensuite les interpellations qui tournent mal (18 %), les contrôles de véhicules (15 %) ainsi que les interventions sur les forcenés (12 %).

 

On trouve, pêle-mêle dans les facteurs de risques, la volonté de nuire ou de tuer, les comportements qui font un jour tout basculer, ou encore les violences liées à un état pathologique. Statistiquement, cela se traduit par le fait que 40 % des « tueurs de flics » étaient sous l’emprise de l’alcool, que 20 % avaient des troubles psychologiques et que seulement 7 % ont appuyé sur la gâchette par le seul dégoût de l’institution ou de l’uniforme. Enfin, dans un cas sur dix seulement, le tueur était une tueuse.

 

Au travers d’une quarantaine de tableaux, de graphiques, et de cartes, Stéphane Lemercier met en évidence, entre autres, que la routine et la fatigue restent les pires ennemies des hommes et des femmes en tenue ayant payé de leur vie leur engagement sur le terrain. Dans une large majorité (79 %), les policiers décédés étaient des gardiens de la paix ou de simples gradés. Leurs missions, dans exactement la moitié des cas, étaient effectuées dans le cadre des brigades dites « de roulement ». C’est à dire d’ordre très classique (rixes, incendies, différents de toutes natures).  Les fonctionnaires dont les missions sont considérées comme périlleuses ( à l’instar de celles effectuées par les hommes d’élite du Raid par exemple) ne représentent « que » 8 % des victimes du devoir.

 

« Le problèmes des gardiens chargés des missions de police secours où routine et évènements se côtoient, fait qu’il ne savent jamais ce qui les attend, déplore un patron de commissariat de banlieue. Ce qui n’est pas le cas des gars de l’antigang par exemple, qui connaissent parfaitement leur objectif et y partent en nombre lors d’une opération coup de poing. » A cela s’ajoute certaines pesanteurs liées aux horaires et aux rythmes chaotiques de travail : remarquant que, dans 69 % des cas, le décès intervient à la nuit tombée, le Lieutenant Lemercier précise que « les périodes d’hypovigilance (diminution du niveau d’éveil) surviennent de façon régulière durant une durée de travail comprise entre huit heures et dix heures. » La monotonie aidant, le phénomène entraîne « une baisse de la capacité à détecter des signaux imprévus ainsi qu’une modification de la perception de danger », souligne l’étude.

 

A ses collègues fatalistes qui résument régulièrement ces dramatiques situations en parlant de « coup du sort » ou encore de « loi des séries », Stéphane Lemercier préconise la mise en œuvre de débriefings techniques et psychologiques après chaque incident grave. Ce qui n’est actuellement pas le cas dans les faits : « Depuis une paire d’années, des psychologues de soutiens opérationnels reçoivent certes des policiers en difficultés à la demande, mais ne vont jamais au-devant d’eux, au sein du commissariat, quand des collègues ont été tués ou blessés. » Ce type d’initiatives, tout comme les stages de conditionnement des policiers aux situations de risques –qui ont fait leurs preuves aux Etats-Unis grâce au FBI – pourraient mieux préparer les forces de l’ordre. Entre 1971 et 1998, pas moins de 616 policiers sont morts pour protéger les citoyens.

 

Christophe CORNEVIN

 

PARIS MATCH

Jeudi 29 novembre 2001

 

Cyber : La police se libère sur le Net

 

Toute une page consacrée aux sites Internet police et en bas à droite, un encart :

 

VICTIMES DU DEVOIR

Cette chapelle ardente en ligne recense les 650 défenseurs de la loi tués dans l’exercice de leurs fonctions depuis 1804. Et l’on découvre que 2001 (10 policiers ont été tués) n’est pas exceptionnelle : depuis 1992, 134 policiers sont morts et 1994 a été la plus meurtrière avec 20 morts.

 

David RAMASSEUL

 

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