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Trois policiers tués depuis le 1" janvier. Cinq en
un mois. A l’émotion suscitée par la mort du jeune adjoint de sécurité de
Béziers, volontairement percuté par une camionnette samedi dernier, succède la
rationalité des chiffres. Or ceux-ci attestent que le nombre de décès de
policiers avait plutôt tendance à diminuer depuis dix ans : de 32
fonctionnaires morts en service en 1990 (dont 6 en opération), on était passé à
6 morts l'an dernier (dont un seul au cours d’une intervention).
Faut-il y voir le signe que les délinquants sont moins
violents ? Au ministère de l'intérieur, nul ne se risquerait sur ce terrain.
Les policiers auraient-ils alors acquis, au fil des années, une technicité qui
les prépare mieux aux aléas Qu métier? Ou seraient-ils plutôt enclins à moins
s'exposer, du fait d'une démotivation croissante ? Une chose est sûre : la
récente accélération des incidents tragiques concourt au sentiment de malaise
qui étreint la profession.
Aux Etats-Unis, des enquêtes sont effectuées tous les
ans sur ce phénomène. Les exemples les plus significatifs sont étudiés dans les
académies de police et servent a la formation des jeunes recrues. En France,
on serait bien en peine de trouver un rapport circonstancié sur le sujet. Un
jeune gardien de la paix a pourtant essayé.
Dans le cadre d'un concours d'études de l'lhesi
(1nstitut des hautes études de la sécurité intérieure), Stéphane Lemercier
(devenu depuis officier) s'est livré, sous le contrôle d'une sociologue, à
une première analyse. Notamment sur la base d'informations recueIllies auprès
de l'Orphelinat mutualiste de la police nationale, pour les dix années
comprises entre le 1er janvier 1989 et le 31 décembre 1998. Voici son
diagnostic: sur les quelque deux cents policiers tués, 98 % sont des hommes, 60
% étaient mariés, 66 % appartenaient au corps des gardiens. La plupart
avaient entre 30 et 39 ans. « Une population plus exposée au stress, aux
problèmes familiaux et conjugaux » écrit Lemercier. C'est dans cette
tranche d'âge que les suicides sont aussi les plus nombreux chez les policiers.
Autre constat: « Avec 50 % des décès, ce sont les fonctionnaires des
brigades de roulement qui sont le plus souvent touchés. Il est vrai que les
équipes concernées tournent 24 heures sur 24 et que les effectifs interviennent
dans toutes les situations : vols main armée, différends rixes... » Viennent
ensuite le brigades spécialisées (brigades anticriminalité, unité: mobiles de
sécurité et compagnies d'intervention), ave 15 % des victimes. Les brigades
motocyclistes représentent 10 % des policiers tués les CRS 8 %, le Raid 8 %,
les ilôtiers 3 % et autant pour les RG.
L
'11e-de-France, avec 35 tués, est la région la plus « dangereuse »,
avant
la PACA et le -Nord-Pas-de-Calais
Les régions les plus «
dangereuses » ? D'abord l'île-de-France, avec 35 tués, puis les régions
Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais, avec respectivement 15 et 14
décès. Les jours et les heures les plus risqués ? « On peut dire que le
jeudi entre 20 heures et 22 heures, 4
la fin du mois d'octobre, les risques d’être victime d'un accident ou d’être
tué en opération de police sont statistique-ment maximaux pour les policiers
français », affirme Stéphane Lemercier.
A partir de l'étude d'une vingtaine de cas, il dresse
le portrait-robot de l'agresseur potentiel. Les personnes mises en cause
auraient, selon lui, agi à 40 % sous l'emprise de l'alcool, à 7 % par « haine
du flic », à 20 % en raison de troubles psychologiques patents. Quelque 13
%<seraient des évadés de prison et encore 13 % des drogués.
Pour mieux convaincre, Stéphane
Lemercier a créé un site Internet, avec toutes les informations utiles.
Elles n'engagent que lui, mais elles paraissent fiables. Elles ont, en tout
cas, le mérite d'être accessibles à tous.
Lire le
deuxième article du Figaro
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Janvier 2001 Le site VICTIME DU DEVOIR se voyait décerner l’Award Police 2001
du meilleur site police par NETPOLICE.COM |
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Décembre 2001 Le site VICTIME DU DEVOIR se voyait décerner l’Award Police du
meilleur site du mois par ALLOPOLICE.COM Merci pour ces prix que je dédie à toutes les victimes
présentes dans ces pages, ainsi qu’à
leurs familles, amis et collègues. Le
Webmaster |
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VENDREDI 09 NOVEMBRE 2001
POLICE
Un métier à hauts risques insuffisamment soutenu
130 fonctionnaires tués entre 1989 et
1999
A l’origine de chaque drame ayant
coûté la vie à un fonctionnaires de police dans l’exercice de sa mission, la
seule « haine » de la société en générale et de la police en
particulier ne peut tout expliquer. « Il n’y a pas forcément une
volonté de sortir pour tuer un flic. Mais le fait de s’armer pour commettre un
crime ou un délit implique d’être prêt à tirer et ce, quelle que soit la cible.
(…) Le policier étant le seul intervenant dans un face à face violent, il est
de fait le représentant de cette société haïe. »
Ce constat amer est dressé par le Lieutenant de Police Stéphane Lemercier, auteur d’une étude intitulée « VICTIMES DU DEVOIR – Les policiers français morts en service » et effectuée sous la direction de Frédérique Mezza-Bellet, pour le compte de l’Institut des Hautes Etudes sur la Sécurité Intérieure (IHESI).
En préambule de son rapport, intégralement publié en juin et septembre dernier par le magazine de l’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale, cet officier pose une question d’une cruelle actualité : « Comment penser qu’un banal contrôle de véhicule peut être à l’origine de la mort d’un fonctionnaire de police ? » L’analyse de la situation de quelques 130 fonctionnaires de police tués en service entre 1989 et 1999 démontre que, si 45 % des victimes ont perdu la vie lors d’un accident mortel de la circulation, les fusillades sont à l’origine de plus du quart des décès (27 %) des policiers tués en opération. Viennent seulement ensuite les interpellations qui tournent mal (18 %), les contrôles de véhicules (15 %) ainsi que les interventions sur les forcenés (12 %).
On trouve, pêle-mêle dans les facteurs de risques, la volonté de nuire ou de tuer, les comportements qui font un jour tout basculer, ou encore les violences liées à un état pathologique. Statistiquement, cela se traduit par le fait que 40 % des « tueurs de flics » étaient sous l’emprise de l’alcool, que 20 % avaient des troubles psychologiques et que seulement 7 % ont appuyé sur la gâchette par le seul dégoût de l’institution ou de l’uniforme. Enfin, dans un cas sur dix seulement, le tueur était une tueuse.
Au travers d’une quarantaine de tableaux, de graphiques, et de cartes, Stéphane Lemercier met en évidence, entre autres, que la routine et la fatigue restent les pires ennemies des hommes et des femmes en tenue ayant payé de leur vie leur engagement sur le terrain. Dans une large majorité (79 %), les policiers décédés étaient des gardiens de la paix ou de simples gradés. Leurs missions, dans exactement la moitié des cas, étaient effectuées dans le cadre des brigades dites « de roulement ». C’est à dire d’ordre très classique (rixes, incendies, différents de toutes natures). Les fonctionnaires dont les missions sont considérées comme périlleuses ( à l’instar de celles effectuées par les hommes d’élite du Raid par exemple) ne représentent « que » 8 % des victimes du devoir.
« Le problèmes des gardiens chargés des missions de police secours où routine et évènements se côtoient, fait qu’il ne savent jamais ce qui les attend, déplore un patron de commissariat de banlieue. Ce qui n’est pas le cas des gars de l’antigang par exemple, qui connaissent parfaitement leur objectif et y partent en nombre lors d’une opération coup de poing. » A cela s’ajoute certaines pesanteurs liées aux horaires et aux rythmes chaotiques de travail : remarquant que, dans 69 % des cas, le décès intervient à la nuit tombée, le Lieutenant Lemercier précise que « les périodes d’hypovigilance (diminution du niveau d’éveil) surviennent de façon régulière durant une durée de travail comprise entre huit heures et dix heures. » La monotonie aidant, le phénomène entraîne « une baisse de la capacité à détecter des signaux imprévus ainsi qu’une modification de la perception de danger », souligne l’étude.
A ses collègues fatalistes qui résument régulièrement ces dramatiques situations en parlant de « coup du sort » ou encore de « loi des séries », Stéphane Lemercier préconise la mise en œuvre de débriefings techniques et psychologiques après chaque incident grave. Ce qui n’est actuellement pas le cas dans les faits : « Depuis une paire d’années, des psychologues de soutiens opérationnels reçoivent certes des policiers en difficultés à la demande, mais ne vont jamais au-devant d’eux, au sein du commissariat, quand des collègues ont été tués ou blessés. » Ce type d’initiatives, tout comme les stages de conditionnement des policiers aux situations de risques –qui ont fait leurs preuves aux Etats-Unis grâce au FBI – pourraient mieux préparer les forces de l’ordre. Entre 1971 et 1998, pas moins de 616 policiers sont morts pour protéger les citoyens.
Christophe
CORNEVIN
Jeudi 29 novembre 2001
Cyber : La police se
libère sur le Net
Toute
une page consacrée aux sites Internet police et en bas à droite, un
encart :
VICTIMES DU DEVOIR
Cette chapelle ardente en
ligne recense les 650 défenseurs de la loi tués dans l’exercice de leurs
fonctions depuis 1804. Et l’on découvre que 2001 (10 policiers ont été tués)
n’est pas exceptionnelle : depuis 1992, 134 policiers sont morts et 1994 a
été la plus meurtrière avec 20 morts.
David RAMASSEUL
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